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Quantum of Solace
Décrypter Quantum of Solace
Décrypter Quantum of Solace Quantum of Solace, ou quand Ian Fleming se prenait pour Somerset Maugham...

« When the Quantum of Solace is at zero, you've got to get away to save yourself »
(Quand l'équilibre affectif est à zéro, la seule solution pour s'en sortir consiste à tout quitter)

 

Etrange comme les producteurs de Eon semblent farouchement revendiquer la filiation directe avec le créateur de 007 depuis quelques films, après le ronflant Le monde ne suffit pas (tirée de la devise même de la famille Bond – s'il faut en croire Fleming), voilà donc qu'ils nous assènent un intraduisible Quantum of Solace à venir.

Alors déjà, un « Quantum of Solace », c'est quoi ?
C'est une expression qui voudrait quantifier l'équilibre parfait entre deux êtres. Un équilibre mis à mal par la douleur due à un amour perdu, à une faute à expier, bref, c'est un particularisme typiquement... Flemingien si l'on peut dire.

L'homme aimait les formules de type sentences ou proverbes, et le fameux 'Q of A' est sans doute l'œuvre la plus introspective (à coté du roman L'espion qui m'aimait, par exemple) de l'écrivain britannique.

On sait que Fleming, fatigué par le succès venu trop tard sonner à sa porte, essaya de se « débarrasser de James Bond » à la manière de Conan Doyle avec Sherlock Holmes.
Avec cette novelette, qui se trouve donc incluse dans le recueil For Your Eyes Only (« Bons Baisers de Paris », chez nous... ne cherchez pas), on assiste à un récit qui ne déparerait pas de la plume d'un Somerset Maugham ou même d'un Noël Coward.
James Bond se trouve aux Bahamas, à Nassau, et, invité par le gouverneur local, prête une oreille attentive à une sombre histoire de vengeance amoureuse.

S'il faut en croire la scrupuleuse chronologie établie par John Griswold dans son étonnant Ian Fleming's James – annotated  & chronologies for Ian Fleming's Bond stories, la discussion entre James Bond et le gouverneur a lieu très exactement le mercredi 6 février de l'année 1958 (une vague allusion au futur coup d'état putschiste de Fidel Castro à la Havane est évoquée. Et Bond se trouve officiellement aux Bahamas pour y rencontrer les gardes côtes US et des représentants du FBI à Miami).

Plus intéressant est le fait que cette histoire est basée sur une véritable anecdote que la fidèle femme de chambre Jamaïcaine de Fleming, l'insurpassable Blanche, rapporta à son employeur lors d'un de ses séjours à Goldeneye (la villa de Fleming à la Jamaïque).
Ce dernier la remercia en lui offrant une montre de chez Cartier (plus classe qu'une simple Swatch, quand même).

Cette novelette est de plus quasiment autobiographique, car cet  « équilibre des sentiments » (traduction littérale du Quantum of Solace) est révélateur de l'état d'esprit de l'écrivain au sujet de son propre mariage à l'époque.

Le fait que ce récit se soit trouvé inclus au beau milieu de scripts rédigés pour la série télé mort-née Commander Jamaïca (les novelettes From A View To A Kill, For Your Eyes Only et Risico) est assez curieux, et semble être un addenda de dernière minute. Plutôt qu'un autre de ces fameux scripts passés à la trappe.

Quantum est en fait le récit désabusé d'un homme. On est loin des trépidantes aventures du Capitaine de frégate Bond.

Avec sa modestie légendaire, Ian Fleming se permet même une allusion – plutôt lourde – à la Comédie Humaine, chère à Balzac.

Fleming rédigea cette courte nouvelle après un séjour aux Bahamas, dans la maison de son ami Yvar Bryce.

A l'époque le jeu était encore interdit en Grande-Bretagne, et l'écrivain sauta sur l'occasion pour pouvoir aller jeter un œil au casino de Nassau.

Reste que, relier cette histoire au récit de Casino Royale est un coup de génie de la part de Neil Purvis et Robert Wade, puisqu'en focalisant l'action sur Bond, ils ont recentré le cœur même du récit de Fleming.
Un peu à la manière de l'arc liant les romans Au service Secret de Sa Majesté à On ne vit que deux fois. Une adaptation brillante donc, qui parvient à relier la toute première œuvre de Ian Fleming à l'un de ses récits les plus atypiques, illustrant les tourments personnels de l'écrivain.

On peut donc raisonnablement s'attendre à un James Bond  encore sous le choc de la mort de Vesper.

Le choix de cette « pseudo adaptation » s'avère particulièrement judicieux, en ceci que l'histoire étant parfaitement intemporelle, on peut tout aussi bien la situer à l'aube des années soixante qu'au vingt-et-unième siècle.

Par contre, nous souhaitons bonne chance aux adaptateurs/traducteurs de Sony France pour arriver à trouver un titre français à partir de ce syllogisme de Ian Fleming…

 

© Kevin Collette – Media Bis 2008
Remerciements : Ann Bennett




News publiée par Guillaume le Thursday 24 January 2008 à 20:58



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