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Quantum of Solace
Un Bond post-moderne ?
Un Bond post-moderne ? Première critique de Quantum of Solace par le journaliste et spécialiste français de James Bond, Kevin Collette.

Kevin colletteSoyons clair : si Casino Royale avait brillamment démontré la volonté des producteurs de dépoussiérer sérieusement la saga 007 au cinéma, Quantum of Solace enfonce le clou et s'éloigne encore plus des paramètres dits "classiques" de la série.

Et si l'on devait chercher une comparaison avec un film précédent, l'exemple de Permis de tuer viendrait immédiatement à l'esprit... tant la structure même de Quantum of Solace fait songer à l'expérience – inégale il est vrai – du 16ème film de la série.

A force de vouloir renier tous les fondamentaux qui faisaient le charme de la série (Moneypenny, Q, les gadgets improbables, les repaires des méchants de Ken Adams, les partitions grandioses de John Barry, etc.) ce Bond-ci a presque perdu son âme.

Un exemple ? Les Bond sont connus pour être des "Globe Trotting Adventures" depuis que 007 a été envoyé enquêter à la Jamaïque en 1962. Dans Quantum of Solace, si le principe est toujours respecté, on l'applique à la vitesse du son, que dis-je... de la lumière même. A peine James a-t-il débarqué dans un nouveau pays (au hasard : l'Italie, Haïti, la Bolivie... Moscou même) que, hop, il est déjà dans l'avion en partance pour un autre.

Corollaire directe : les décors, parfois grandioses, de Quantum of Solace pâtissent méchamment de ce parti-pris à la "Speedy Gonzales".

Démonstration : toute la séquence se déroulant lors d'une représentation de la Tosca sur l'opéra flottant de Bregenz (Autriche). Idée scénique fabuleuse (qui rappela à l'auteur de ces lignes la séquence de l'assassinat de Fekesh par Jaws lors du show "Son et Lumière" des pyramides dans L'espion qui m'aimait), mais montage incongru, mélangeant sans grâce inserts des comédiens sur scène, à des plans montrant Bond observant ses proies, avec quelques zooms sur ces dernières profitant du brouhaha ambiant pour mettre au point leur machiavélique projet, idée très ingénieuse que cette rencontre au sommet au vu et au sus de tous entre différents membres de l’organisation Quantum... mais gâchée par ce montage "cut".

Si seulement on avait pu retenir David Arnold de coller un thème "action" obligatoire sur toute la séquence, et SURTOUT d'arrêter ces va et vient psychotiques entre les 3 points de vues via un montage speed à la Jason Bourne, la séquence aurait pu devenir un classique en lieu et place de l'effervescence totalement artificielle créé à coup de montage effectué au burin.

En fait l'impression générale ressentie devant Quantum of Solace est celle de visionner un thriller lambda, et pas un James Bond. D'où problème d’identification.

Le rythme effréné de toute l'entreprise nuit considérablement à l'exposition de l'intrigue (même si on est censé connaître les évènements du film précédent, et l'absence des repères habituels (Gunbarrel, gadgets, etc) se fait cruellement sentir dans une aventure où James Bond fait encore une fois cavalier seul (produisant donc un film forcément atypique) :

Dans Permis de tuer, conscients d'être en territoire inconnu, les scénaristes Richard Maibaum et Michael G. Wilson avaient contrebalancé cela en élargissant le rôle de Q aux côtés de 007. Dans Quantum of Solace, c'est à M que revient ce rôle et qui profite dorénavant de ce parti-pris. Jamais autant de scènes n'auront été allouées à la chef du MI6. Le talent de Dame Judi Dench n'est plus à prouver, et toutes les séquences où elle apparait sont parmi les meilleures du film.

Tour à tour excédée, révoltée, énervée par les initiatives personnelles de son agent (« si vous pouviez éviter de faire passer de vie à trépas tous les suspects que nous avons dans cette affaire »), M en est même réduite à le mettre officiellement "hors service" pour arrêter le carnage (ce qui nous ramène évidemment au Permis de tuer cité plus haut). Bref un très beau numéro d'actrice que nous offre là Dame Judi. Bravo.

Daniel Craig n'a plus rien à prouver à quiconque. Il EST James Bond. Et c'est véritablement une joie de le voir sortir ses toutes premières répliques humoristiques "made in 007". Alchimie parfaite avec le reste de la distribution (mention spéciale pour ses nombreux face-à-face avec M).

Le reste de la distribution pâtit du rythme du film. Quoique campés par d'excellents comédiens, les personnages peinent à acquérir une certaine épaisseur.

Mathieu Amalric est cinglé à souhait, dans la grande tradition des mégalos à la Stromberg ou Hugo Drax... Mais son personnage reste un peu creux question motivation et soif (indice, indice) de domination du monde libre. Son ultime confrontation avec 007 rappelle un peu celle de Stamper avec Bond dans le pas trop réussi Demain ne meurt jamais, au milieu de chatoyantes gerbes de flammes et explosions pyrotechniques en tout genre.

Olga Kurylenko campe une girl plus originale, dont la motivation première est aussi une histoire de vengeance (syndrome Mélina Havelock). La jeune Ukrainienne ne déparait pas aux côtés de Daniel Craig, et leurs échanges font preuve d'une fraîcheur bienvenue.

Gemma Arterton (alias l'agent Fields au patronyme-gag) est odieusement sous-employée (Blimey me...) et sa disparition subite au bout de quelques scènes seulement laisse un peu déçu le spectateur. Une occasion manquée donc.

Quant au reste du casting, il assure avec professionnalisme. Même si la présence ou la disparition de certains peut surprendre (à quoi sert exactement le personnage de Félix Leiter dans cette histoire ?), encore une fois le temps de présence réduit de tout ce joli monde ne permet pas une très grande interaction.

En résumé, un Bond très atypique donc (et qui se termine très symboliquement en ouvrant la voie au retour d'un Bond plus classique) qui prendra un certain temps à être apprécié à sa juste valeur, comme ce fût le cas de son glorieux ainé de 1989...

©  Kevin Collette 2008

 

A venir, la critique de Guillaume T, l’un des responsables de JamesBond-fr.com.




News publiée par Agence Media Bis le Monday 20 October 2008 à 21:29



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